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Le clan Wright : un mélange génétique synonyme d’excellence sportive

15 août 2008

Thelma Wright se considère comme un autre visage dans la foule, mais lorsqu’elle voit ses fils Anthony et Philip jouer au hockey sur gazon pour l’équipe canadienne, elle est d’abord une mère. Lorsque ses enfants se blessent, elle grimace derrière ses doigts qui cachent son visage; lorsque ses enfants marquent un but; elle se lève vite. Accompagnée de son mari Lee, elle verra ses fils en action aux Jeux olympiques d’été à Beijing cette semaine.

Mme Wright a une bonne idée de la pression que ses fils peuvent affronter. En effet, elle se souvient du courage qu’il lui a fallu pour réaliser son propre rêve olympique. Aux Jeux olympiques de 1972 à Munich, la coureuse de 20 ans est sortie d’un minuscule enclos situé derrière le stade, où elle avait essayé d’éviter de regarder les autres compétitrices. À son entrée escortée dans le stade, Thelma faisait l’objet du regard de l’auditoire le plus nombreux qu’elle ait jamais vu à une épreuve d’athlétisme. Alors qu’elle faisait ses derniers préparatifs avant le départ de la course, elle a ressenti des vagues de nausée et d’anxiété si intenses qu’elle pouvait à peine ouvrir ses yeux.

Heureusement, elle a réussi à se sortir de ce délire lorsque le coup de feu de départ pour sa première épreuve olympique du 1 500 mètres s’est fait entendre. Elle croit d’ailleurs que ses fils sont mieux placés pour faire face à de pareilles situations en quête de médailles olympiques pendant les Jeux olympiques de 2008 à Beijing.

Thelma, Anthony, Philip et Lee Wright aux Jeux du Commonwealth de 2006 à Melbourne.

Anthony et Philip sont reconnus pour leurs talents sportifs parmi les familles canadiennes de joueurs de hockey sur gazon. Sont tout aussi reconnus, les talents de leur grand-père Harold Wright (Jeux olympiques de 1932, athlétisme); de leur père Lee Wright (Jeux olympiques de 1964 et 1976, hockey sur gazon); et de leur mère Thelma Wright (Jeux olympiques de 1972 et 1976, athlétisme). Toutes ces personnes ont représenté le Canada.


Être spectateur
Il faut du courage pour être à la fois spectateur et mère. D’après Mme Wright, ce n’est pas facile de voir concourir ses enfants.

« C’est intéressant. Je trouve qu’il est nettement plus difficile de regarder que de participer. Malgré ma participation au hockey sur gazon à titre de joueuse et d’entraîneuse au niveau secondaire, mes enfants disent toujours “Maman, tu n’en sais rien” », raconte Mme Wright en rigolant et en avouant ne pas trop analyser le sport comme le fait son mari.


Anthony Wright

« Je n’arrive pas à regarder comme un autre spectateur intéressé », poursuit-elle. « C’est une bonne chose d’un côté. Mais, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de mes enfants et que je veux ce qu’il y a de mieux pour eux. »

Pour Lee Wright, le fait de voir ses fils participer aux Jeux olympiques de 2008 à Beijing peut être une expérience d’autant plus intense qu’il a initié ses fils au sport en plus d’avoir été leur premier entraîneur.

Des séances d’entraînement du dimanche à la place de soupers du dimanche

Une famille d’athlètes olympiques reconnaît l’importance du sacrifice. Anthony, Philip et leurs deux sœurs — Lindsay, gymnastique rythmique, et Gillian, athlétisme — one opté pour la vie sportive. Leurs parents ont toujours appuyé cette décision. À titre de coordonnatrice du programme Run Jump and Throw en Colombie-Britannique et de membre élue du Comité pancanadien de la Fédération internationale d’athlétisme amateur (FIAA), Mme Wright a, elle aussi, ses propres engagements envers le sport qui vont au-delà de sa vie professionnelle.


Harold Wright, 1932.

« Nous les avons laissés participer à autant de sports que possible », affirme-t-elle. « Je crois vraiment que la démarche multisports est la manière de procéder. Ainsi, les choix seront faits lorsque l’enfant aura atteint l’âge de 15 ou 16 ans. »

Il n’existe pas de recette spéciale pour créer des champions, mais Mme et M. Wright voulaient que leurs enfants choisissent leurs propres sport et amis. Alors, que faut-il pour encourager ses enfants, pour les aider à atteindre un niveau d’élite dans leurs sports choisis?

« L’amour du sport ou encore la volonté de renoncer au souper familial du dimanche », explique Mme Wright. « Nous avons rarement pris des vacances en famille puisqu’il y a toujours une compétition d’athlétisme ou un camp d’entraînement inscrit à l’horaire de quelqu’un. »

Sa famille n’aurait pas modifié la démarche entreprise, que les enfants aient voulu se surpasser dans des disciplines autres que le sport — par exemple dans le domaine musical ou scolaire. En effet, devenir un athlète olympique peut être attribuable non seulement à la composition génétique de l’athlète, mais également à la façon dont il a été élevé.