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Poursuivre sa passion l’amène dans des endroits inattendus - Chelsie Mitchell fait de grands sauts

5 mars 2007

Chelsie Mitchell a débuté en participant à des épreuves de ski alpin. À 16 ans, elle arrête la compétition et commence à faire du surf des neiges avec ses amis. Elle ne s’attendait pas à ce que sa passion pour le surf des neiges et son engagement envers l’excellence la placent, à 22 ans, parmi les surfeuses des neiges les meilleures de la Colombie-Britannique, comme la première femme autochtone à faire partie de l’équipe de surf des neiges de la Colombie-Britannique.

Chelsie a grandi dans une réserve, à Moricetown, en Colombie-Britannique, une ville d’environ 7 000 personnes. Ses parents lui ont fait goûter au ski lorsqu’elle n’avait que quatre ans, pour qu’elle grandisse tout en étant active, sans problèmes et qu’elle ait la chance de rencontrer d’autres jeunes. Puis le ski est devenu l’activité familiale de fin de semaine.

À 12 ans, un entraîneur a recruté Chelsie pour qu’elle fasse partie d’une équipe de compétition composée d’adolescents de 13 à 17 ans. Même si elle s’est entraînée avec l’équipe pendant les quatre ans qui ont suivi, son cœur n’y était pas.

« La compétition exigeait beaucoup, parce qu’on s’entraînait en fait sept jours par semaine » dit elle. « Ça prenait beaucoup de mon temps et à ce moment-là, je ne voulais que passer du temps avec mes amis. »

Pour Chelsie, une seule leçon de surf des neiges a suffi pour qu’elle vende ses skis et qu’elle s’achète une planche. Elle ne l’a jamais regretté.

« Tous mes amis faisaient du surf des neiges et on en faisait toutes les fins de semaine » raconte-t-elle. « Les personnes qui tenaient avec moi devaient faire du surf des neiges. »

Au cours de sa première année de surf des neiges, Chelsie s’est inscrite à deux courses pour s’amuser et a été surprise de ses résultats.

À une de ces courses, elle s’est retrouvée planche à planche avec une autre fille qui avait beaucoup plus d’expérience qu’elle. Mais juste avant la ligne d’arrivée, la planche de Chelsie a glissé sur la glace.

« Je suis arrivée deuxième, mais c’était quelque chose que je pouvais faire – quelque chose que je devais continuer » déclare Chelsie. Elle a déménagé à Whistler, où elle a lu un article sur une nouvelle initiative pour les jeunes Autochtones, l’équipe de surf des neiges des Premières nations (First Nations Snowboard Team – FNST). Elle a tout de suite voulu faire partie de l’équipe. Chelsie était très emballée d’apprendre que ce groupe existait, puisqu’elle pensait être la seule membre d’une Première nation à faire du surf des neiges.

La FNST a donné à Chelsie la chance de s’entraîner hors saison et de se rendre à des compétitions dans tout le Canada, y compris les championnats nationaux au Québec. Après un an seulement d’entraînement et de compétition avec la FNST, on a demandé à Chelsie – et son coéquipier Jonathan Redman – de tenter de faire partie de l’équipe provinciale. Plus tard cette année-là, ils sont devenus les premiers athlètes autochtones à obtenir une place au sein de l’équipe de surf des neiges de la Colombie-Britannique.

« Réussir à faire partie de l’équipe de la Colombie-Britannique est une grande réalisation, surtout lorsqu’on considère que je ne faisais que m’amuser et aimer ce que je faisais; là, je monte d’un cran » déclare Chelsie. « Dans ma tête, je m’étais établi des objectifs et j’ai eu de l’aide de la FNST pour mon entraînement. Sans eux, je ne me retrouverais pas ici aujourd’hui. »

Chelsie aime faire de la compétition contre d’autres surfeurs des neiges au niveau national, parce cela la pousse à s’améliorer. « J’aime me faire pousser dans le dos, parce que cela me fait avancer » dit-elle. « Quand on est accompagné de bons athlètes, notre niveau ne peut que s’améliorer. »

« On connaît ses capacités et on sait qu’on peut faire quelque chose et que notre corps est capable de passer au niveau supérieur – la seule chose qui nous ralentis, c’est nous-mêmes » raconte-t-elle. « Donc quand on y arrive, l’adrénaline sort et on est tellement satisfait. »

Aujourd’hui, Chelsie vit à Whistler et s’entraîne six jours semaine. Toutes les fois qu’elle se trouve sur les pentes, elle se concentre sur l’atteinte de ses buts, de manières différentes. Certains jours, elle s’exerce à faire ses techniques de base, comme sa tenue et son équilibre. D’autres jours, elle fait les gros sauts, les bons « rails » et sa « routine de demi-lune ». Avoir un style de vie sain – bien manger, dormir suffisamment et prendre du temps pour elle toutes les semaines – est un élément essentiel à sa réussite.

Chelsie rêve de faire partie de l’équipe nationale canadienne et peut-être même de participer à des Jeux olympiques d’hiver, mais son plan à long terme est d’entraîner et d’inspirer d’autres jeunes Autochtones.

« Entraîner, s’est extraordinaire... on peut voir que cela a un gros impact sur eux [les jeunes Autochtones] et qu’ils vous voient vraiment autrement. Ils feront peut-être partie de l’équipe de la Colombie-Britannique ou ils participeront peut-être aux Jeux olympiques » dit-elle. « On les aidera aussi peut-être juste à avoir un style de vie sain. »

« Et cela a de très gros impacts » ajoute-t-elle.

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