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Perceptions paralympiques : Jeff Snyder

18 mars 2008

M. Jeff Snyder est originaire d’Elmira en Ontario et, depuis la saison 2002-2003, il est entraîneur en chef de l’équipe canadienne de hockey sur luge. Avant de découvrir ce sport, il occupait ce même poste au sein d’équipes de hockey sur glace ontariennes de niveau junior A, B et C. Les entraînements de M. Snyder ont mené l’équipe canadienne à la médaille d’or, durant les Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin.

Du hockey nouveau genre
par Jeff Snyder


Lorsque je suis devenu entraîneur de hockey junior, en 1989, le mot luge ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Je connaissais seulement le terme puisque la voisine, une amie de ma fille, pratiquait le hockey sur luge.

 
Avant de découvrir l’existence de ce sport, j’étais entraîneur de hockey junior majeur A pour les Rangers de Kitchener, dans la Ligue de hockey de l’Ontario (OHL). Après la perte de ce poste, j’ai décidé de ne plus être entraîneur pendant un an et c’est précisément à ce moment que j’ai reçu un appel inattendu, au cours duquel on m’a demandé si j’étais intéressé à être entraîneur de l’équipe canadienne de hockey sur luge. Mes connaissances du sport étant très limitées, je n’étais pas certain d’avoir envie de pourvoir à ce poste.


La fin de semaine suivante avait lieu, à Montréal, le camp d’entraînement de l’équipe canadienne de hockey sur luge. On m’a dit « viens pour une fin de semaine afin d’obtenir un aperçu du sport et par la suite tu seras en mesure de prendre une décision ». Je me suis donc rendu à Montréal, où j’ai dirigé quelques entraînements pour me rendre compte que c’était bien agréable et que j’avais envie de relever ce défi.


Je suis devenu entraîneur de l’équipe canadienne de hockey sur luge pendant la saison 2002 2003, l’année après la tenue des Jeux paralympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City. L’expérience a été une prise de conscience incroyable. Ce sport était comme le hockey, à quelques exceptions près. Ma fille et moi nous sommes donc joints à sa copine, afin d’essayer de s’asseoir sur une luge et de pratiquer le sport. Nous avons rapidement réalisé, après être tombés à plusieurs reprises, le degré de difficulté d’exécution de ce sport et que le plus difficile était sans aucun doute de conserver son équilibre. Nous avons alors compris que les joueurs de hockey sur luge doivent exécuter plusieurs choses à la fois : propulser la luge à l’aide des pics tout en maniant la rondelle. Je lève mon chapeau à ces joueurs qui font preuve d’une agilité incroyable.

Les joueurs

Avant d’être entraîneur de hockey sur luge, j’ai toujours travaillé avec des équipes de hockey junior masculin, au sein desquelles les joueurs étaient âgés entre 15 et 20 ans. Ces derniers partageaient tous le même but : être repêché par la ligue professionnelle et signer des contrats. Certains des membres de l’équipe canadienne de hockey sur luge sont plus âgés que moi et ne sont aucunement à la recherche de contrats ou de notoriété. J’entraîne des joueurs qui pratiquent le hockey sur luge par amour pour le sport, aiment représenter leur pays et aiment participer aux compétitions pour gagner.


Plusieurs joueurs de hockey sur luge semblent apprécier chaque moment de la vie en raison du nombre d’obstacles qu’ils ont dû surmonter pour arriver à leur présente situation. Ils ont beaucoup de plaisir sur la glace et leur attitude a eu un impact positif sur ma vie.


Le simple fait de savoir ce que ces derniers ont eu à vivre et la manière dont ils s’en sont tirés permet de mieux profiter de ses avoirs, de sa santé et de tous les bienfaits de sa vie. Leur perspective et leur sens de l’humour m’ont remonté le moral au cours de pertes difficiles et tristes de ma vie.

Mes premiers Jeux paralympiques


Il est difficile de cibler un moment marquant des Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin, en Italie. Cependant, j’ai beaucoup aimé la cérémonie d’ouverture. Il s’agissait de ma première participation aux Jeux paralympiques et je ne savais pas à quoi m’attendre. Mon équipe et moi sommes arrivés un dimanche et la cérémonie d’ouverture se déroulait le vendredi suivant. La semaine avait été bien tranquille et je commençais à douter de l’importance de la cérémonie.


Avant d’entrer dans le stade, tous les représentants des pays participant étaient placés un à la suite de l’autre, en ordre alphabétique de pays, à l’extérieur du stade derrière l’aire réservée à la scène et nulle ne savait ce qui arriverais ensuite. Lorsque l’équipe canadienne est finalement entrée dans le stade, je me souviens avoir ressenti quelque chose d’indescriptible. Il y avait 45 000 personnes dans les gradins et elles ont acclamé chacun des pays présentés. En parcourant le stade des yeux, il était possible de voir des groupes de gens tenant des drapeaux canadiens bien haut. J’étais très ému et c’est à ce moment que j’ai réalisé que ce moment était particulier et aussi que j’étais bien chanceux d’y participer.
Toutefois, le moment le plus mémorable demeure, selon moi, le lever du drapeau canadien au son de l’hymne national du Canada, immédiatement après que nous avons remporté la partie pour la médaille d’or. Je ne pourrai jamais oublier les sentiments ressentis; nous étions tous très fiers de gagner la médaille d’or au nom de notre beau pays.

Un athlète avant tout


Les membres de l’équipe canadienne de hockey sur luge investissent autant efforts dans la pratique de leur sport que tous les joueurs de hockey sans handicap des équipes pour lesquelles j’ai été entraîneur. Je crois qu’il faut assister à une partie pour comprendre le niveau d’agilité de ces athlètes. Les gens sont impressionnés par la vitesse et l’agressivité des joueurs de hockey sur luge. Ils sont autant déterminés à remporter la victoire que les autres équipes et j’ai pu constater ce fait lorsque nous avons gagné la médaille d’or, aux Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin.


Les joueurs arborent fièrement la feuille d’érable. Ouvrez l’œil aux Jeux d’hiver de 2010 à Vancouver et vous verrez cette équipe donner un nouveau genre au sport du Canada.

Perceptions paralympiques  

Perceptions paralympiques est une célébration du compte à rebours de deux ans avant la tenue des Jeux paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Cette série comprend histoires personnelles rédigées par des athlètes paralympiques et des chefs de file du domaine passionnés par les Jeux. Du 12 au 21 mars, visitez le site vancouver2010.com puisque chaque jour, vous y verrez affichée une nouvelle histoire de victoire personnelle et de compétition féroce.

Dans leurs propres mots: Colette Bourgonje

Dans leurs propres mots: Sir Philip Craven

Dans leurs propres mots: Brian McKeever

Dans leurs propres mots: Verena Bentele