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Les fondateurs de Whistler font des Jeux une réalité

17 juil. 2007

Si certaines personnes ne pensent pas que Whistler, en Colombie-Britannique, « figure actuellement sur la carte », elles changeront certainement de point de vue d’ici 2010, l’année où il accueillera des événements sportifs et culturels dans le cadre des XXIes Jeux olympiques d’hiver et des Xes Jeux paralympiques d’hiver. Et tout cela grâce à la vision de quelques fervents du ski alpin qui ont reconnu le potentiel que présentait Whistler même avant l’installation de télésièges sur ses montagnes.

Blottie dans les montagnes côtières de la Colombie-Britannique, la région de Whistler était un petit coin de rêve fascinant pour les vacances d’été il y a près de 50 ans – époque à laquelle on l’appelait Alta Lake. Il a fallu qu’un petit groupe de skieurs déterminés se fraie péniblement un chemin jusqu’au sommet d’une montagne locale et vive une des meilleures expériences de ski jamais vécues pour que le grand potentiel de cette région se manifeste.

Ce qui est aujourd’hui le village de Whistler vibrant d’énergie était à l’époque un dépotoir. Il n’y avait ni boutiques ni restaurants ni télécabines grande vitesse ni dameuses à neige. Si vous recherchiez de la neige fraîche, il vous fallait aller la chercher en montagne, à pied.

À peine quarante ans plus tard, Whistler est acclamé à l’échelle internationale. En effet, les surfeurs des neiges et les skieurs des quatre coins du monde sont nombreux à venir visiter cette région reconnue pour ses accumulations de neige records qui recouvrent les majestueuses montagnes du village.

Résident de longue date de Whistler et président du Whistler Museum and Archives, Alex Kleinman a été alléché par des contes sur les montagnes côtières.

« Je n’en croyais pas mes yeux et, puis, je me suis dit regarde ça, c’est formidable », se rappelle Monsieur Kleinman à propos de ses premières impressions de Whistler. « Même si on ne venait pas de la côte Ouest, on rêvait tout de même de partir à la découverte de cet endroit enchanteur. Bref, ce qu’on voyait était tout à fait magnifique. Et rien n’a changé depuis. »

« Comme groupe et communauté, nous avons été accaparés par [les Jeux olympiques]. Je suis néanmoins très fier de notre cheminement, vu l’histoire de notre communauté et les étapes que avons franchies pour parvenir à cette soumission particulière [2010] », note Monsieur Kleinman. « Nous sommes passés par le processus de soumission à six reprises, mais nous avons mis en pratique de nombreuses méthodologies qui ont consisté toutes à faire la promotion de notre communauté. »

Définir une orientation
Vers le début des années 1960, un groupe d’hommes d’affaires de Vancouver et les membres du Comité olympique canadien ont formé la Garibaldi Olympic Development Association (GODA), qui avait pour objectif de rechercher et d’aménager un site propice à la tenue de futurs Jeux olympiques d’hiver dans l’Ouest canadien.

Lorsque la GODA a proposé d’accueillir les Jeux olympiques d’hiver de 1968, Whistler (qui s’appelait alors London Mountain) ne disposait que de peu de commodités – pas de pistes, de télésièges, de routes, d’installations hydroélectriques ou de réseaux d’égouts. Des experts sont alors intervenus pour conseiller la GODA sur les installations essentielles pour présenter les Jeux d’hiver. En dépit d’avoir satisfait aux exigences techniques du Comité olympique canadien, il manquait à la région le niveau de développement régional et l’accès routier nécessaires pour remporter la soumission. Entre 1962 et 1965, sans cesser de rêver d’accueillir des Jeux olympiques d’hiver, on a réuni des fonds, on a construit une route rudimentaire pour relier Vancouver et Whistler et on a commencé à aménager la région de ski.

« La possibilité d’accueillir des Jeux olympiques a donné de l’impulsion à la croissance et à l’orientation de Whistler. En effet, la communauté a conservé une vision claire de ce qu’elle voulait devenir, soit un centre de villégiature », explique Mike Vance, directeur général, des politiques et des projets spéciaux pour la Municipalité de villégiature de Whistler (RMOW). « Pendant la planification initiale du village, nous n’avions pas prévu de feux de circulation; nous n’avions pas non plus anticipé un si grand nombre de propriétaires d’habitation permanents, mais nous savions que nous avions besoin que des gens s’y installent pour investir dans la communauté, tel que des organismes familiaux locaux. »

Éviter les crises de croissance
En 1964, le Canadien Al Raine, skieur alpin international, et quelques-uns de ses compagnons de ski, se sont entassés dans une Volkswagen Coccinelle pour faire le trajet de 5 heures – la durée de voyage à l’époque – jusqu’à Whistler en empruntant de vielles voies de desserte d’aménagement hydroélectrique. Malgré leur arrivée en pleine obscurité, ces skieurs ont été témoins, le lendemain matin, d’un magnifique paysage enneigé qui a tellement impressionné Monsieur Raine que ce dernier a décidé de s’établir à Whistler. Il y est resté pendant près de 30 ans, période au cours de laquelle il a travaillé à titre d’entraîneur de ski provincial et plus tard de directeur de programme de la première équipe nationale officielle canadienne de ski alpin. Il a par la suite été nommé conseiller provincial pour Whistler.

Monsieur Raine et sa femme, Nancy Greene, la légendaire skieuse alpine canadienne, étaient des habitués de centres de ski de calibre mondial. Ainsi, lorsqu’il a été temps de se faire une vision du futur centre de ski Whistler-Blackcomb, ce couple s’est inspiré de ses précieuses expériences de ski en Europe.

Fort de la direction et du savoir-faire de l’urbaniste Gary Watson, Monsieur Raine a créé un plan communautaire et de zonage durable pour le village de Whistler. La prochaine étape a consisté à aménager Blackcomb Mountain, le voisin géant de Whistler Mountain.

« Nous, [Gary Watson] et moi, en collaboration avec le maire [Pat] Carleton, n’avons ménagé aucun effort pour nous assurer que le projet démarre et que nous ayons la bonne vision », fait remarquer Monsieur Raine. « Les montagnes de la Colombie-Britannique nous conviennent aussi bien que les montagnes d’Europe. Notre savoir au sujet de la conception des pistes fait tout aussi bien l’affaire. Nous savions donc qu’il y avait vraiment lieu d’organiser des compétitions de ski de calibre mondial ici, au Canada. »

Un climat de possibilités
Whistler vit des moments passionnants. Il faut aussi mentionner qu’une planification détaillée attend son conseil municipal au cours des prochaines années.

Bien entendu, les Jeux d’hiver de 2010 laisseront un héritage, notamment sous forme de logement abordable, de terrains de jeu communautaires, de sentiers pédestres et d’une meilleure accessibilité pour les personnes atteintes d’un handicap physique. Selon Monsieur Vance, Whistler est vibrant d’une énergie positive qui ne cesse de s’intensifier.

« On fait le tour du village, on regarde un peu partout et on pense qu’il ne serait jamais possible de [recréer Whistler] aujourd’hui », ajoute Monsieur Vance. « Mis à part l’optimisme qui a joué un certain rôle, cette réalisation est surtout attribuable à la culture propre à Whistler qu’est la tendance à se surpasser. Les gens se sont résolus à passer à l’action, plutôt qu’à réfléchir – il s’agissait bel et bien de mener le projet à bon terme. »

D’ici moins de trois ans, les fondateurs et visionnaires de Whistler constateront le fruit de leurs efforts lorsque des athlètes et des spectateurs du monde entier participeront à une célébration du possible.

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