Dans leurs propres mots : Johann Olav Koss
24 févr. 2008
Le patineur de vitesse norvégien, Johann Olav Koss, a fait ses débuts sur la scène olympique aux Jeux olympiques d’hiver de 1992 à Albertville, où il a pris le septième rang à l’épreuve du 5 000 mètres et remporté la médaille d’or à l’épreuve du 1 500 mètres et la médaille d’argent à l’épreuve du 10 000 mètres. Aux Jeux olympiques d’hiver de 1994 à Lillehammer, année où il a mis fin à sa carrière de patineur de vitesse, M. Koss a remporté trois médailles d’or, gagnant toutes ses courses et établissant de nouveaux records du monde, dont deux qui sont demeurés non battus jusqu’au début de la période qui a marqué l’apogée du patinage de vitesse. En 1994, le magazine Sports Illustrated lui a décerné le titre de sportif de l’année, titre que le magazine attribuait aussi à la patineuse de vitesse américaine Bonnie Blair cette année là.
Après sa carrière en patinage de vitesse, M. Koss est devenu un ambassadeur de l’UNICEF et un membre du Comité international olympique (jusqu’en 2002). Il occupe maintenant le poste de président directeur général de l’organisation humanitaire Right To Play.
Partager sa fierté avec la nation écrite par Johann Olav Koss
J’ai beaucoup, beaucoup de souvenirs mémorables des Jeux olympiques. Je me rappelle tout particulièrement des Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer, au cours desquels j’ai remporté trois médailles d’or en patinage de vitesse et battu trois records du monde.
À la fin de ma dernière course, l’épreuve du 10 000 mètres, j’entendais les cris de la foule qui m’acclamait parce que je venais d’établir un nouveau record du monde. C’était aussi ma quatrième médaille d’or en carrière et la dernière course de ma carrière. Chose assez étrange, j’avais le sentiment qu’un poids énorme venait de quitter mes épaules. J’étais euphorique, j’avais l’impression que j’aurais pu m’envoler!
Un court instant en compagnie d’un héros
Devant 15 000 partisans en liesse, je suis monté sur la plus haute marche du podium et, avec la médaille d’or autour du cou, j’ai chanté l’hymne national de la Norvège. C’était un moment vraiment spécial, parce que c’est M. Hjalmar Andersen, ou « Hjallis » comme on dit en Norvège, légende norvégienne du patinage de vitesse, qui m’a présenté la médaille. Aux Jeux de 1952 à Oslo, Hjallis a été le premier à remporter trois médailles d’or aux épreuves masculines de patinage de vitesse au cours des mêmes des Jeux olympiques. Bien que le CIO exige strictement que les médailles soient remises par l’un de ses membres (ce qui n’était pas le cas de Hjallis), le Comité a accepté de faire une entorse à la réglementation et de m’accorder l’honneur de recevoir ma médaille des mains de mon héros.
J’ai eu le privilège de vivre de nombreuses expériences enrichissantes comme athlète, mais je tiens à vous relater un moment que j’ai vécu comme spectateur aux Jeux olympiques et qui a eu un impact énorme sur ma vie.
Un héros parmi les spectateurs
J’ai appris pendant les Jeux olympiques de 2000 à Sydney que les Australiens étaient aussi fous de sport que mes compatriotes norvégiens. J’en veux pour preuve que chaque Australien acclamait les athlètes de tous les pays représentés aux Jeux, même quand un athlète australien était le favori. Pour l’une des athlètes australiennes, la pression était particulièrement grande lors de ces Jeux olympiques, plus que pour tous ses coéquipiers et coéquipières de l’équipe nationale. Cette athlète ne représentait pas seulement son pays, mais aussi le peuple aborigène de l’Australie. Il s’agit de Cathy Freeman, l’une des plus grandes athlètes de son temps.
Jamais encore je n’avais vu une cérémonie d’ouverture aussi spectaculaire pour représenter une nation, ses femmes et sa liberté. Six athlètes olympiques australiennes de renom sont entrées dans le stade avec la flamme olympique et l’ont remise à Cathy Freeman, qui a allumé la vasque. À ce moment, toute l’attention était portée sur elle, comme pendant toute la période de préparation menant aux Jeux. Telle une déesse grecque, l’athlète semblait se tenir debout sur l’eau, le flambeau à la main, quand la vasque s’est élevée pour aller à sa rencontre. Étant moi‑même un athlète, je me disais qu’il était impossible de soumettre un athlète à plus de pression. Pensez-y un peu, ce moment précédait de quelques jours seulement le jour de sa seule course; la course de sa vie, pour son peuple et son pays.
Un moment décisif dans l’histoire
Inscrite au 400 mètres, Cathy Freeman n’avait qu’une seule chance à ces Jeux olympiques et ce moment prendrait fin en moins de 50 secondes. Plus de 100 000 personnes étaient au rendez‑vous dans un stade bondé. Au signal de départ, tout le monde était debout pour observer la course qui allait devenir soit le plus grand moment de ces Jeux soit le souvenir morne de ce qu’il aurait pu être.
Je crois que tous les Australiens attendaient le coup de pistolet pour voir Cathy Freeman s’élancer au bloc de départ. Les flashs de milliers d’appareils‑photo ont illuminé le stade, produisant un spectacle plus impressionnant que celui du feu d’artifice traditionnel de la cérémonie de clôture des Jeux. Personne ne voulait rater ce moment dans l’histoire.
J’avais la chair de poule et les cheveux dressés à l’arrière du crâne en entendant les hurlements assourdissants des spectateurs. J’avais le sentiment, comme beaucoup d’autres j’en suis sûr, d’être sur la piste avec elle et de partager son désir de gagner. Cathy Freeman était inspirante. Elle avait une bonne longueur d’avance sur le peloton, et les hurlements de la foule augmentaient à chacune de ses foulées à mesure qu’elle se rapprochait de la ligne d’arrivée et de la médaille d’or.
Cathy Freeman a remporté plus que la médaille d’or ce jour‑là. Ce qu’elle a gagné, peu de gens peuvent le concevoir et un nombre encore moins grand d’entre nous pourra en faire l’expérience un jour. Elle a triomphé. En remportant la victoire, elle a rempli de fierté son peuple et son pays.
Dans leurs propres mots
Dans leurs propres mots est une façon de célébrer le compte à rebours de deux ans avant les Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Vous sont présentés les témoignages personnels de dix‑sept athlètes olympiques et leaders qui sont des passionnés des Jeux.
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