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    le 12 février 2010

Dans leurs propres mots : Jeff Pain

21 févr. 2008

Jeff Pain est né à Anchorage, en Alaska. Déménagé à Calgary, il a commencé à concourir en 1995, soit avant que le skeleton ne devienne une discipline olympique officielle. Il est un pionnier de ce sport et le Canadien le plus décoré à ce jour en skeleton.

Au cours de sa carrière, M. Pain est monté sur le podium près de vingt fois en Coupe du monde et il a remporté deux médailles d’or à des Championnats du monde. Il a représenté le Canada aux Jeux olympiques d’hiver de 2006 à Turin, au cours desquels il a remporté une médaille d’argent. 

Le skeleton alors et maintenant écrite par Jeff Pain

Avant les Jeux olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City, le skeleton était pratiqué par des personnes qui aimaient ce sport à tel point qu’elles étaient prêtes à puiser dans leurs économies pour s’y adonner. 

Le skeleton attirait aussi des personnes qui aimaient la vitesse et qui avaient le goût de se mesurer au monde entier. Tout ça reste vrai, mais certaines traditions ont évolué depuis que le skeleton est devenu une épreuve olympique.   

Le skeleton avant de devenir une épreuve olympique 

Avant l’admission du skeleton aux Jeux olympiques de 2002, le circuit de la Coupe du monde comprenait chaque année entre quatre et six courses qui se déroulaient généralement en Europe, où le circuit couvre tout le territoire, et des courses avaient occasionnellement lieu en Amérique du Nord.

Souvent, je parcourais le circuit de la Coupe du monde en compagnie de deux autres coureurs venant d’autres pays. Nous mettions nos traîneaux et sacs de voyage dans une Volkswagen Golf et nous parcourions ensemble les quatre à douze heures de route séparant une piste de celle de la course suivante. Quand nous arrivions à destination, nous nous mettions en quête d’un lieu où dormir, le moins cher possible, et de l’épicerie du coin.   

Lors de mon premier voyage à Igles, en Autriche, l’équipe britannique nous a dévoilé le nom de sa pension secrète très bon marché. Le prix était de 25 deutsche marks (environ 20 $CAN) la nuit, petit-déjeuner et dîner inclus. Il pouvait y avoir jusqu’à dix lits par chambre, et ils étaient faits de coussins de sofa usés, déposés sur de vieux châssis de lit. Le petit‑déjeuner était le menu européen courant, soit du pain croûté, des viandes froides, du fromage, du yogourt, du jambon et parfois aussi des œufs à la coque. À l’heure du midi, nous nous contentions de ce que nous trouvions à l’épicerie du coin, et le menu ressemblait souvent à celui du petit‑déjeuner. Le repas du soir était presque toujours composé de mets frits accompagnés de pommes de terre frites ou de pâtes.

Les courses avaient lieu le samedi, et nous avions deux descentes d’entraînement par jour du mercredi au vendredi. Quand nous arrivions à la piste, notre première tâche était de la parcourir une première fois à pied de façon à observer les profils de la glace tout en essayant d’entendre ce que nos concurrents des autres pays avaient à dire au sujet de la trajectoire. Nous nous préparions ensuite pour nos descentes.

Entre la première et la deuxième descente, nous observions les autres coureurs en piste pour essayer de déceler où étaient les zones à problème. L’entraînement terminé, nous allions au café du centre pour revoir la feuille de temps et étudier les intervalles, soit les temps entre chacune des cinq sections de chronométrage de la piste. On nous remettait les données sur les temps des descentes, afin que nous puissions faire des calculs et avoir une idée des intervalles. Il arrivait que nous prenions alors une bière pour agrémenter le travail, la bière coûtant souvent moins cher que l’eau embouteillée ou les boissons gazeuses.

Le jour de la course, nous étions à la piste au moins une heure à l’avance pour apporter nos traîneaux au « parc fermé » (nom que donnent les Européens au site de la descente) et nous préparer à la course. Nous avions un échauffement de 15 à 20 minutes, puis nous revêtions nos combinaisons. Normalement, les compétitions duraient de quatre à cinq heures et le nombre de concurrents était de 50 chez les hommes et de 30 chez les femmes. Tout le monde avait droit à deux descentes, et celui qui affichait le meilleur temps combiné était le gagnant. Les Allemands et les Autrichiens étaient les maîtres incontestés à l’époque et ce sont eux en général qui récoltaient toutes les médailles, exception faite des quelques‑unes remportées par l’as canadien de cette période, Ryan Davenport.

Les jours de course se terminaient toujours par une soirée très amicale. Les seules personnes qui semblaient s’intéresser aux résultats étaient ou des participants à la fête ou nos familles à la maison, mais les résultats n’assombrissaient pas le moins du monde la fête. Après la course, certains d’entre nous se rencontraient à nouveau au café pour échanger des histoires sur la course et planifier les activités de la soirée, au cours desquelles nous levions nos verres dans la bonne humeur, nos rires se poursuivant toute la nuit. Lors des Championnats du monde, il arrivait que nous trouvions une courte mention des résultats de la course dans la section des sports du Calgary Herald (Ryan Davenport vivait à Calgary). La couverture médiatique étant faible, les athlètes pratiquant le skeleton ne pouvaient pas compter sur l’aide de commanditaires.

Le skeleton aux Jeux 

Après son entrée officielle aux Jeux olympiques d’hiver de 2002, le skeleton, comme sport, a changé considérablement. Tout d’abord, l’équipe nationale ne se limitait plus uniquement aux personnes qui avaient les moyens de pratiquer ce sport. Un programme officiel d’essai, établi selon les normes de qualification olympique, a été mis au point pour l’équipe nationale. Soudainement, le circuit de la Coupe du monde ne se résumait plus aux quelques courses que nous faisions pour voir jusqu’à quelle vitesse nous pouvions aller et nous vanter d’être la personne qui cumulerait le plus de points à la fin de l’année. 

Chaque course offrait désormais la possibilité de se qualifier pour les Jeux olympiques; une place parmi les six premiers à une course de la Coupe du monde donnait des points de qualification pour les Jeux olympiques et les coureurs devaient obtenir quatre résultats conformes à cette norme au cours des deux saisons précédant les Jeux. 

En faisant son entrée au programme des Jeux olympiques, le skeleton a été reconnu par Sport Canada à titre de discipline officielle admissible à un financement. Les coureurs canadiens sont devenus admissibles à l’aide financière accordée aux athlètes brevetés, et la Fédération sportive a pu commencer à assumer les frais de déplacement. Tout à coup, nous séjournions dans des hôtels convenables et dormions dans des lits confortables ayant de vrais matelas! Nous pouvions même nous offrir des « pensions complètes », incluant tous les repas, ce qui voulait dire que nous pouvions compter sur trois repas par jour et n’avions plus à improviser un repas avec ce que nous trouvions à l’épicerie!

Malheureusement, l’un des effets négatifs sur le sport a été la perte de la camaraderie qui existait entre les athlètes de différentes nationalités. Tous les pays, chacun de leur côté, ont alors mobilisé leurs ressources, embauché des entraîneurs, acheté des caméras vidéos et constitué leurs propres équipes. Cela voulait dire que je n’avais plus le temps ni le besoin de me retrouver avec les coureurs des autres pays. Je me trouve chanceux d’avoir pu concourir à une époque où j’ai pu si facilement me lier d’amitié avec des athlètes de partout. Maintenant, les activités sociales associées aux courses sont généralement limitées à une seule activité après la dernière course de la saison et à une autre après le week‑end du Championnat du monde.  

La journée de course moderne  

Le petit‑déjeuner est toujours composé comme avant de pain coûté, de viande, de fromage et de yogourt, mais la journée se déroule maintenant selon un horaire bien établi et beaucoup plus rigoureux. Nous arrivons au site une heure et demie à l’avance pour notre randonnée quotidienne sur la piste avec notre entraîneur et pour nous assurer que nous sommes bien réchauffés et prêts à attaquer la piste, puis nous exécutons deux descentes d’entraînement. Le chef d’équipe veille à ce que le thérapeute et lui-même soient fin prêts à assumer leur rôle respectif pendant notre période en piste, au cours de laquelle ils doivent entre autres manipuler la caméra vidéo ou dispenser des soins aux athlètes. Ces séances durent quelques heures; nous retournons ensuite à l’hôtel pour le repas du midi, puis nous avons une séance d’entraînement physique, suivie d’une séance de visionnement de vidéos pendant laquelle l’entraîneur nous aide à revoir et à analyser nos trajectoires de glisse du jour. Nous allons ensuite dîner et nous consacrons notre soirée à entretenir l’équipement et nous avons parfois une séance de physiothérapie avec le médecin de l’équipe.

Cette routine, qui commence trois jours avant la course, reste à peu près inchangée le jour même de la compétition. Les courses s’étalent maintenant sur trois heures au maximum, car la fédération internationale, soit la Fédération internationale de bobsleigh et de tobogganing (FIBT), a limité le nombre des concurrents pouvant représenter chaque pays aux compétitions du circuit de la Coupe du monde et a ajouté deux autres circuits de niveau moins avancé pour les coureurs en développement. Aussi, seulement les vingt meilleurs coureurs à l’issue de la première descente prennent le départ à la seconde descente, en raison des contraintes de temps s’expliquant en partie par la télédiffusion des courses. 

La couverture des compétitions futures 

Sauf pendant les saisons préalables aux Jeux olympiques d’hiver, les résultats en skeleton ne font pas l’objet d’une couverture approfondie, mais beaucoup plus de journaux maintenant font état des résultats des compétitions et comprennent dans leurs pages un ou deux comptes rendus à notre sujet pendant la saison. 

Bien qu’il puisse être aussi difficile pour un coureur de dénicher un commanditaire que de trouver une aiguille dans une botte de foin, la petite attention dont nous bénéficions et notre appartenance à la famille olympique sont deux éléments qui rendent quand même les choses plus faciles maintenant qu’elles ne l’étaient auparavant.  

Le sport a fait d’énormes progrès depuis qu’il est devenu une épreuve olympique, mais il reste que nous pouvons faire beaucoup plus encore pour le développer davantage au profit des générations futures, grâce au soutien des athlètes, des familles, des amis et des partisans.

 

Dans leurs propres mots

Dans leurs propres mots est une façon de célébrer le compte à rebours de deux ans avant les Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Vous sont présentés les témoignages personnels de dix‑sept athlètes olympiques et leaders qui sont des passionnés des Jeux. Visiter vancouver2010.com tous les jours, entre le 12 et le 28 février, pour y lire quotidiennement une nouvelle histoire faite d’inspiration, de triomphe et d’espoir.

Frank King

Kristi Richards

François-Louis Tremblay

Cassie Campbell

Kati Wilhelm

Cristobal Huet

Mike Moffat

Bill Demong

Brad Gushue

Jeff Pain

Dominique Maltais

Lascelles Brown

Johann Olav Koss

Tewanee Joseph

Joannie Rochette

Davey Barr 

KeithSashaw