Vancouver 2010
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Durabilité en action

Site de compétitions nordiques de Whistler – Une légère touche
En 2004, équipés d’un concept préliminaire pour la phase de candidature, le directeur du projet du site de compétition nordique de Whistler, M. Doug Ewing, et son équipe ont commencé à mettre à jour et à repenser les installations originales et la conception du site. Leur but était de créer une expérience exceptionnelle pour les athlètes et les spectateurs tout en minimisant les répercussions sur l’environnement naturel et en contrôlant les coûts de construction.

Selon M. Ewing, « le processus de planification a requis énormément de temps, nécessité beaucoup d’efforts et la collaboration de nombreuses personnes. Mais en bout de ligne, le projet nous a coûté moins cher et les résultats ont été meilleurs. »

On a choisi le site nordique en fonction de son terrain et des conditions de neige. Il avait déjà été exploité pour son bois et est situé à côté d’une ancienne mine. C’était également un lieu récréatif fréquenté par les amateurs de ski de fond et les fervents de la motoneige.

Le tremplin de saut en ski aurait perturbé 3,8 hectares de forêt ancienne selon le projet préliminaire. Le concept révisé a permis de déplacer le tremplin hors de la zone de forêt ancienne et d’une zone humide vulnérable. Aujourd’hui, la seule intrusion dans la forêt ancienne consiste en une courte piste de ski de fond.

« La raison pour laquelle tout concorde, c’est que ce projet n’a pas été conçu au moyen de cartes et de planches à dessin. Nous étions littéralement sur le terrain, en raquettes, nous déplaçant sur le site et décidant sur place du meilleur endroit où ériger ces structures en tenant compte du paysage naturel », explique M. Ewing. Les nombreux ruisseaux et nombreuses zones humides du site constituent des habitats fauniques importants pour les poissons, les oiseaux, les mammifères et les amphibiens. Il était donc prioritaire de protéger ces écosystèmes sensibles.

L’équipe responsable a créé une zone tampon protectrice de 30 mètres pour les ruisseaux ou les zones humides avec poissons et des limites protectrices de 15 mètres pour les ruisseaux ou les zones humides sans poissons.

« Nous ne sommes pas obligés d’établir une limite de plus de 30 mètres dans les endroits sensibles », explique M. Ewing. « Mais nous avons choisi de la porter à 100 mètres dans les zones de compétition principales, ce qui a permis d’ajouter 32 hectares de zone de protection. »

L’équipe a également redessiné le parcours des pistes afin de réduire de 20 (plan original) à 12 les traversées de ruisseaux. Les routes d’accès au site ont également été modifiées pour les réduire de 16 à une seule. En outre, le site sera doté d’un système de traitement des eaux usées de la meilleure qualité afin de protéger davantage les ruisseaux.

M. Ewing et son équipe ont réussi à réduire de 30 p. 100 l’empreinte globale du site nordique. Ce faisant, l’équipe a créé un concept de calibre mondial qui profitera aux athlètes et aux spectateurs durant les Jeux, qui est meilleur pour l’environnement et qui lèguera un patrimoine amélioré pour les usagers récréatifs et compétitifs.

Protéger les grenouilles-à-queue
Les grenouilles-à-queue ( Ascaphus truei) sont considérées comme des espèces « préoccupantes » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et « vulnérables » par la Province de la Colombie-Britannique. Les grenouilles-à-queue sont particulièrement sensibles aux perturbations naturelles et humaines. Ces petites grenouilles, qui mesurent au plus trois centimètres à l'âge adulte, ont un cycle de vie de 20 années et vivent comme têtards jusqu'à cinq années dans les ruisseaux tempérés des montagnes. Elles sont relativement communes à Whistler et on en a aperçu à Boyd Creek près du site alpin Whistler Creekside. Le COVAN a mis au point un plan de gestion environnementale pour protéger, tant pour les grenouilles-à-queue que leur habitat, dans le cadre de ses engagements en matière d'évaluation environnementale. Le plan stipule qu'on doit effectuer des levés et surveiller avant de construire de manière à ne pas perturber leur habitat en ruisseau autant que possible. Lorsqu'il sera impossible de ne pas perturber leur habitat en ruisseau, nous utiliserons des pratiques exemplaires et déplacerons les grenouilles-à-queue et les têtards manuellement à environ 40 mètres en amont.

Boucler la boucle sur les déchets de bois
Les travaux préparatoires à l’aménagement du site de compétitions nordiques de Whistler ont généré d’importantes quantités de déchets de bois. Cela a posé tout un défi environnemental pour les membres de l’équipe d’aménagement des sites, un défi qui les a amenés à concevoir trois solutions novatrices.

Selon Mme Tina Symko, coordonnatrice du développement durable pour le COVAN à Whistler, « la coutume veut que l’on brûle les déchets de bois lors de l’aménagement d’importants complexes commerciaux, ce qui entraîne des émissions de gaz à effet de serre et d’autres contaminants comme des matières particulaires. Mais comme notre objectif est de minimiser l’impact sur la qualité de l’air, nous avons dû transformer quelque chose de négatif en une chose positive. »

Le défi est devenu une occasion de transformer les déchets de bois sous des formes qui conservent la grande partie des matériaux organiques dans leur système écologique original et qui améliorent la préservation.

Recycler les déchets de bois en remblai
Dans un premier temps, l’équipe du projet a recyclé d’importantes quantités de déchets de bois en remblai, créant ainsi des fondations pour plusieurs enceintes sur le site et qui seront utilisées comme stationnements et pour les remorques de service durant les Jeux. La technique consiste à étendre d’importantes quantités de bois pour créer un filtre naturel, ajouter une couche de roches, puis de terminer avec une couche de gravier. Le concept permet à l’eau de pluie ou à la neige fondue de s’infiltrer sous l’enceinte tout en maintenant un écoulement naturel dans le secteur. Après les Jeux, le sol sera végétalisé de nouveau et il reprendra ses contours naturels et sa couverture végétale.

« Le processus n’était pas vraiment compliqué », déclare M. George McKay, directeur des approbations environnementales du COVAN. « Cependant, il s’agit là de l’une des plus importantes choses que nous ayons faites pour réduire les répercussions environnementales sur le site parce que nous avons minimisé la combustion et conservé les systèmes naturels », ajoute-t-il.

Donner les déchets de bois afin d’améliorer l’habitat des poissons
Ensuite, l’équipe a travaillé avec des organismes de restauration des ruisseaux locaux comme le Whistler Fisheries Stewardship Group et la BC Conservation Foundation. On leur a fait don de tampons de racines pour utiliser comme déchets de bois grossiers dans leurs projets régionaux d’amélioration de l’habitat des poissons.

Composter des déchets de bois afin de régénérer la végétation et contrôler l’érosion
Finalement, le reste des débris de végétation a été mis en copeaux sur place. On y a ajouté des substances organiques naturelles (comme celles de l’usine de traitement des eaux usées de Whistler) et nous avons recueilli le tout dans des sacs agricoles recyclés et recyclables. Une fois les déchets en compost dans les sacs, on y ajoute un mélange de semences provenant de la région. Le mélange est alors étendu sur les sols perturbés du site pour stimuler la végétation et la repousse dans le cadre du travail de régénération et de contrôle de l’érosion planifié pour 2007. Non seulement ce procédé enrichit et régénère le sol, mais il stabilise les pentes touchées et crée de l’habitat grâce à une végétation restaurée. L’utilisation de déchets pour la restauration des sites élimine également la pollution de l’air et les émissions de GES causées par la circulation des camions. (On utilise généralement les camions pour enlever les déchets et la livraison de matériaux destinés au contrôle de l’érosion.)

« Le principal avantage, déclare M. McKay, c’est que nous avons bouclé la boucle sur les déchets de bois au site de compétitions nordiques. Nous les avons mis en copeaux, compostés et remis sur les mêmes versants d’où ils provenaient. Ces solutions novatrices sont apparues après avoir pensé aux systèmes naturels, perçu les déchets comme une ressource et travaillé en collaboration pour les mettre en œuvre. »  

Se surpasser en faveur des plantes et de la communauté de Cypress
Sous un soleil écrasant au Cypress Provincial Park, Vancouver 2010 et les partenaires de la communauté de Cypress se sont efforcés – par une journée chaude au début de juillet – de mettre des échantillons de 12 espèces végétales à l’abri de la démolition. On a trouvé ces plantes « d’importance locale » dans un petit marécage – le futur site d’un réservoir où l’on fabriquera de la neige.

« Il est important de sauver toute plante peu commune qui représente une certaine valeur pour le public… Si nous faisions comme si cela n’avait pas d’importance, nous en sortirions alors perdants », souligne Alex Wallace, membre de la Friends of Cypress Provincial Park Society, une œuvre de bienfaisance qui se consacre à la protection de l’environnement du parc Cypress.

Monsieur Wallace mentionne par ailleurs que les plantes – qui se composent d’espèces comme la grassette vulgaire, la savoyane trifoliée et le rossolis à feuilles rondes – ne sont par rares; on les retrouve plutôt rarement dans un environnement comme le site du réservoir.

On a découvert les plantes au cours d’une évaluation environnementale du site. Bien que Vancouver 2010, ses partenaires et des experts-conseils en environnement ne soient pas tenus de sauver les plantes, ils ont néanmoins décidé qu’une telle mesure serait avantageuse pour le parc.

« Dès le début, nous nous sommes engagés à adopter une plate-forme axée sur la durabilité en vue de présenter des Jeux formidables. Il s’agit, entre autres, de procéder de façon intelligente à la préparation et à la tenue des Jeux tout en minimisant le plus possible l’impact environnemental », explique Ann Duffy, directrice du programme de la durabilité de Vancouver 2010. « Lorsque la communauté locale a indiqué qu’il s’agissait d’une initiative qui lui tenait vraiment à cœur, nous avons dit "Bon, nous en tiendrons compte". »

Tandis qu’une trancheuse a été utilisée pour déterrer d’immenses bandes de sol, on a déplacé manuellement de nombreuses plantes situées dans des endroits sensibles ou d’accès difficile. À 8 h 30, des bénévoles de Vancouver 2010 ont mis des bottes en caoutchouc et des casques de protection. Ils ont passé la journée dans de l’eau boueuse qui leur arrivait jusqu’aux tibias pour déloger délicatement de la boue des parcelles de végétation à l’aide de pelles de terrassier.

Ian Ponsford était au nombre d’une quelque demi-douzaine d’employés du COVAN qui se sont donnés volontairement pour aider à déplacer les plantes.

« Nous en avons parlé [de l’environnement] et nous écrivons constamment à ce sujet, mais nous ne mettons normalement pas les mains à la pâte sur le terrain », note Monsieur Ponsford, qui travaille dans le domaine des approbations et de la gestion environnementales au sein de Vancouver 2010. « Je suis mieux qualifié pour rédiger des rapports que pour me salir les mains. Alors, l’expérience d’aujourd’hui m’a fait beaucoup de bien. »

Lorsque l’excavation a été terminée, les bénévoles ont pris bien soin de transporter les petites plantes vers leur nouveau site, un fossé boueux avoisinant. De plus, un courant d’eau de source locale avait été canalisé dans le fossé plus tôt cette journée-là, pour ainsi apporter aux plantes suffisamment d’humidité afin d’assurer leur survie.

Selon Alex Sartori, personne chargée de surveiller l’environnement au nom du COVAN, outre la journée consacrée à la transplantation des plantes, il a fallu une semaine de travaux préparatoires et plus d’un mois de planification avant d’entreprendre le projet.

« Tous les participants – que ce soit la Cypress Bowl Recreation Limited, des entrepreneurs de Vancouver 2010 ou la communauté de Cypress – ont vraiment allié leurs forces pour concrétiser cette initiative », fait remarquer Monsieur Sartori.

Le projet a permis de « déterrer » quelque chose de novateur. En effet, on n’en sait pas beaucoup au sujet de la transplantation de plantes dans un environnement subalpin; d’ailleurs, les spécialistes espèrent approfondir leurs connaissances en observant les plantes. Par souci de précaution, on a envoyé une partie des échantillons de plantes à la pépinière de Frank Skelton, spécialiste dans le domaine des plantes marécageuses indigènes.

En plus de la Friends of Cypress Provincial Park Society, de BC Parks, de la Cypress Bowl Recreation Limited et d’experts-conseils en environnement, North Construction (entrepreneur local en construction qui se spécialise en aménagement des terrains extraordinaires) a fourni à titre gratuit de la main-d’œuvre et de l’équipement.

« Voilà un partenariat à l’œuvre », affirme Dan Doyle, vice-président de direction responsable de la construction des sites de Vancouver 2010. « L’un de nos objectifs est d’aménager nos sites en respectant l’environnement et de produire des sites durables, ce qui témoigne de notre souci de l’environnement. »

Monsieur Doyle a ajouté : « Voilà le genre de travail pour lequel nous, au COVAN, voulons être reconnus après notre départ en 2010. »
 
 
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