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Perceptions paralympiques : Chris Daw

19 mars 2008
Pendant les Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin, le Canadien Chris Daw se prépare à lancer la pierre, au cours d’une partie de curling en fauteuil roulant opposant le Canada à la Norvège. (Bryn Lennon/Getty Images)
Pendant les Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin, le Canadien Chris Daw se prépare à lancer la pierre, au cours d’une partie de curling en fauteuil roulant opposant le Canada à la Norvège. (Bryn Lennon/Getty Images)
Chris Daw a représenté le Canada au cours de marathons et de compétitions d’athlétisme adapté, de basketball, de rugby et de curling. Il était capitaine de l’équipe canadienne de curling en fauteuil roulant gagnante de la médaille d’or aux Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin. M. Daw est ensuite retourné au Elderton Curling Club, situé près de London en Ontario, médaille d’or en main. Il est membre du conseil d’administration d’Athlètes CAN et responsable de l’élaboration de programmes pour Curling Newfoundland.

Du rêve à la réalité par Chris Daw
J’ai eu la chance et le privilège de représenter le Canada à cinq Jeux paralympiques, dans cinq sports différents et aussi bien aux Jeux d’été qu’aux Jeux d’hiver.

En mars 2006, j’ai vécu dix journées qui ont marqué tout particulièrement mon parcours de 25 ans et plus dans le sport paralympique et auprès du Mouvement paralympique. Pendant toutes ces années, rien n’a pu égaler le sentiment d’accomplissement que m’a procuré la médaille d’or remportée aux Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin.

Cinq ans auparavant, j’avais presque vu mon rêve de gagner une médaille se concrétiser, alors que je participais aux Jeux de 2000 à Sydney, en Australie, au sein de l’équipe canadienne de rugby en fauteuil roulant. Nous avions bien joué, mais nous avons manqué le podium de peu, en terminant au quatrième rang. J’étais alors prêt à abandonner ma carrière d’athlète et à renoncer à mon rêve de médaille. Puis, un nouveau sport est venu transformer ma vie.

À la découverte du curling

Il y a environ sept ans, l’Association canadienne de curling a été invitée à mettre sur pied une équipe qui participerait à ce qui allait être les premiers Championnats du monde de curling en fauteuil roulant. Comme tous les nouveaux sports en fauteuil roulant, on a lancé un appel pour recruter des athlètes, et j’y ai répondu. Cinq ans plus tard, je me retrouvais de nouveau dans le feu de l’action d’une compétition internationale, cette fois-ci dans une équipe de curling.

Mon expérience se résumait jusqu’alors à ma participation aux Jeux d’été. À mes premiers Jeux d’hiver, je m’attendais à revivre tout ce que j’avais connu auparavant. Je faisais erreur. La pression était énorme. Étant donné l’importance du curling au Canada, disons simplement qu’on s’attendait à ce que nous gagnions une médaille. Aux Jeux de Turin, le défi était un peu plus grand qu’aux Jeux auxquels j’avais participé auparavant. De plus, comme l’équipe canadienne des Jeux olympiques dirigée par Brad Gushue avait remporté la médaille d’or quelques semaines auparavant, la pression sur l’équipe de curling en fauteuil roulant était énorme.

Le travail d’équipe à Turin

Aux Jeux du Turin, tout a bien commencé, puisque nous avons remporté deux victoires. Par la suite, nous avons subi une défaite surprise face à la Suède, avant d’affronter l’équipe de la Norvège, l’une de celles qui avaient le plus de chance de monter sur le podium.

Nous avons misé sur le travail d’équipe pour tenir tête à la Norvège tout au long de cette partie serrée. À la fin de la cinquième manche, la Norvège avait trois pierres en jeu, il fallait donc que je fasse monter une pierre afin que nous puissions en placer une en jeu. Je ne me rappelle plus à quoi je pensais, mais, alors que je venais d’exécuter une montée parfaite qui allait couvrir une de nos pierres gagnantes, Sonja, première joueuse, m’a crié : « Super! » L’émotion était à son comble lorsque la Norvège a manqué un lancer. Les 20 secondes qui ont précédé le dernier lancer du capitaine de la Norvège ont été les plus longues de ma vie.

Par la suite, nous avons perdu face aux États-Unis. Puis, avant notre partie suivante contre la Grande-Bretagne, qui avait gagné les deux derniers Championnats du monde, le doute était palpable dans le vestiaire. Je ne sais pas comment, mais nous avons réussi à vaincre, dans une manche supplémentaire, notre principale rivale, l’équipe de la Grande-Bretagne, avec qui nous étions devenus amis.

Le matin suivant, nous avons vaincu l’Italie, l’équipe hôte, non sans émotion. Nous sommes ensuite passés en demi-finales. Mon rêve commençait à prendre forme. Nous nous sommes rendus en finale contre la Grande-Bretagne.

L’ultime partie

Prêtes à se disputer la médaille d’or en finale, les deux équipes ont amorcé la partie en jouant mieux que jamais. C’était la toute première finale de curling en fauteuil roulant des Jeux paralympiques, et c’était un moment historique.

La foule criait si fort qu’on se croyait à un match de football plutôt qu’à une partie de curling. Nous avions déjà dépassé nos attentes. Après les Jeux, j’ai su que notre entraîneur nous voyait, au mieux, remporter la médaille de bronze. De plus, compte tenu du fait que l’équipe de curling avait été formée neuf mois seulement avant les Jeux, nous savions probablement tous que nous n’étions pas favorisés pour gagner, bien que nous allions donner notre meilleur. La finale a été très serrée, et je m’attendais à ce que nous remportions la médaille d’argent. Puis, à la dernière manche, la Grande-Bretagne a raté notre pierre.

J’avais reçu la médaille d’or, vu le drapeau canadien se hisser et entendu l’hymne national jouer, mais ce n’est que des heures après la conférence de presse et la séance de photos que j’ai réalisé ce qui venait de se produire. Si quelqu’un m’avait dit, cinq ans auparavant, que j’allais remporter la médaille d’or, j’aurais ri. Mais aujourd’hui, je suis un champion paralympique.

Cette médaille est venue enrichir mon expérience des Jeux paralympiques d’hiver. C’est l’aboutissement d’une quête. Un rêve devenu réalité.

 

Perceptions paralympiques
Perceptions paralympiques est une célébration du compte à rebours de deux ans avant la tenue des Jeux paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Cette série comprend histoires personnelles rédigées par des athlètes paralympiques et des chefs de file du domaine passionnés par les Jeux. Du 12 au 21 mars, visitez le site vancouver2010.com puisque chaque jour, vous y verrez affichée une nouvelle histoire de victoire personnelle et de compétition féroce.





 
 
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