****JavaScript web menu drop down DHTML menu generated by NavStudio. (OpenCube Inc. - http://www.opencube.com)****
Perceptions paralympiques : Robin McKeever
14 mars 2008

Les frères Robin et Brian McKeever participant aux compétitions de ski de fond des Jeux paralympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City. (Sebastian Schupfner/Bongarts/Getty Images)
M.
Robin McKeever vient de Canmore, en Alberta, et
est détenteur de neuf titres de champion national
canadien de ski de fond, en plus d’avoir
été membre de l’équipe
canadienne pour les Jeux olympiques d’hiver de 1998
à Nagano. M. McKeever participe désormais aux
compétitions de ski de fond comme guide voyant pour son
frère, M. Brian McKeever. Ensemble, les deux
hommes ont remporté deux médailles
d’or et une médaille d’argent
aux Jeux paralympiques d’hiver de 2002 à
Salt Lake City, ainsi que deux médailles
d’or et une médaille d’argent au
cours des compétitions de ski de fond des Jeux
paralympiques d’hiver de 2006 à Turin, sans
oublier une médaille de bronze à
l’épreuve de biathlon de 7,5 km.
L’équipe McKeever est sur la bonne voie pour
participer et remporter plusieurs médailles aux Jeux
paralympiques d’hiver de 2010 à
Vancouver.
Guider mon frère Brian pendant les sept
dernières années m’a permis de
vivre de beaux moments, de participer à
d’incroyables courses ainsi qu’à
des aventures cocasses. Toutefois, cette expérience
n’a jamais été facile.
Le rôle de guide paraît plutôt
simple : mener l’athlète
jusqu’à la ligne
d’arrivée, le plus rapidement possible!
Néanmoins, la simplicité de cette
activité est relative au degré de
cécité de l’athlète
que vous guidez et différents degrés
engendrent différents défis. Le guide
d’un skieur classé dans la
catégorie B1 (non voyant) doit mener
l’athlète à l’aide de
directives orales, sans jamais le toucher. Il doit le diriger
à travers un parcours sinueux et veiller à ce
que ce dernier évite les concurrents, les arbres, les
clôtures et les caméras de
télévisions, qui se trouvent tout au long du
trajet. Seuls des liens très serrés et une
confiance absolue entre athlète et guide permettent
d’atteindre l’excellence.
Heureusement, la confiance n’est pas un
défi pour moi et Brian, qui est classé dans
la catégorie B3 et qui, selon
l’échelle à main, a un
degré d’acuité visuelle de huit
pour cent. Cela ne semble pas représenter un haut
degré de vision, mais il peut quand même
skier sur le parcours sans guide et à une vitesse
fulgurante. À quelques reprises, j’ai eu
peine à le suivre et j’étais
complètement à bout de souffle. Il
m’a déjà demandé
d’aller plus vite que mon corps ne me le permet. Ah
oui, le travail de guide est indéniablement
très simple!
La course en équipe
J’ai agi à titre de guide pour la
première fois en 2001, pendant la finale de la coupe du
monde de ski de fond et de biathlon du CIP à Salt Lake
City. La veille de la compétition, on a eu droit
à une belle et chaude journée de printemps et
nous sommes allés skier ensemble pour la
millième fois, mais pour la première fois
comme équipe officielle. Rendus sur le parcours
paralympique (aussi utilisé pendant les Jeux
paralympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake
City), un sentier de neige artificielle sillonnant le
désert de l’Utah, j’ai
dû effectuer une descente sur de la neige fondante et
par la suite, je me suis rendu compte que Brian ne se trouvait pas
derrière moi. Après avoir attendu un bon
moment, convaincu qu’il traînait simplement
derrière, j’ai parcouru le sentier en sens
inverse pour finalement apercevoir le ski et la botte gauche de
Brian, dépassant à peine la bordure de la
piste. Il était suspendu la tête en bas dans
une digue abrupte!
« Brian? » ai-je
crié.
« Oui, regarde en
bas » a répondu Brian.
« Peux-tu m’aider à
remonter? Je crois que je suis pris autour de cet arbre et tout est
plutôt boueux. »
« Est-ce que ca
va? » lui ai-je demandé.
« Je n’étais pas
certain au début, mais je pense maintenant que
oui » a répliqué Brian.
« La neige fondante a fait déraper
une des carres de mes skis quand j’ai essayé
de te dépasser parce que tu n’allais pas
assez vite. C’est à ce moment que
j’ai fait un face à face avec cet arbre. Si
je lâche prise, je vais descendre la piste
tête première! »
J’ai dû enlever mes skis et mes
bâtons, descendre la pente et mettre les pieds dans la
boue pour aider Brian à sortir de cette
épineuse situation. Heureusement, ce dernier allait
très bien s’en tirer grâce
à un bon massage et beaucoup
d’analgésiques. La journée
suivante, nous avons remporté la course!
Garder la tête du peloton
Il y a sept ans, guider Brian était très
simple puisque j’étais presque au meilleur
de ma forme physique et Brian a six ans de moins que moi. Sur le
parcours, je parlais surtout à Brian pour
m’assurer qu’il était en mesure
de suivre mon rythme.
La saison dernière, après avoir
travaillé quatre ans à temps plein,
fondé une famille et diminué la
fréquence de mon entraînement, Brian
s’est retrouvé en meilleure condition
physique que moi et nos communications sont devenues
très simples : j’e
haletais tandis qu’il me demandait de le laisser passer
parce que je n’allais pas assez vite!
Maintenant, j’ai un nouvel emploi, je suis
entraîneur pour l’équipe para
nordique nationale canadienne de ski de fond, et j’ai
plus de temps à consacrer à mon
entraînement, ce qui me permet
d’être, de nouveau, un bon guide pour Brian.
Il y aura toujours un peu de communication au sein de
l’équipe, puisque j’userai
toujours de toutes mes ressources pour suivre le rythme, mais nous
sommes de retour dans la course et plus rapides que jamais.
Perceptions paralympiques est une
célébration du compte à rebours de
deux ans avant la tenue des Jeux paralympiques d’hiver
de 2010 à Vancouver. Cette série comprend
histoires personnelles rédigées par des
athlètes paralympiques et des chefs de file du domaine
passionnés par les Jeux. Du 12 au 21 mars, visitez le
site vancouver2010.com puisque chaque jour, vous y verrez
affichée une nouvelle histoire de victoire personnelle
et de compétition féroce.