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Perceptions paralympiques : Colette Bourgonje

13 mars 2008
La Canadienne Colette Bourgonje se verra accorder la médaille de bronze, chez les dames, pour l’épreuve de 10 km de ski de fond en position assise, pendant les Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin. (Lars Baron/Bongarts/Getty Images)
La Canadienne Colette Bourgonje se verra accorder la médaille de bronze, chez les dames, pour l’épreuve de 10 km de ski de fond en position assise, pendant les Jeux paralympiques d’hiver de 2006 à Turin. (Lars Baron/Bongarts/Getty Images)
Mme Colette Bourgonje était une athlète sans handicaps de Saskatoon, en Saskatchewan, et pratiquait la course de fond au niveau national. Son handicap est survenu en 1980, à la suite d’un accident et c’est ainsi que Mme Bourgonje a été initiée à la course en fauteuil roulant et, par la suite, au ski de fond en position assise. Cette enseignante d’éducation physique au niveau élémentaire a participé à cinq Jeux paralympiques d’hiver, ceux de 1992 à Tignes-Albertville, de 1994 à Lillehammer, de 1998 à Nagano, de 2002 Salt Lake City et de 2006 à Turin, ainsi qu’à à trois Jeux paralympiques d’été dont ceux de 1992 à Barcelone, de 1996 à Atlanta et de 2000 à Sydney. Mme Bourgonje est membre du Temple de la renommée des sports de la Saskatchewan et a amassé un total de huit médailles au cours de sa carrière d’athlète, quatre aux Jeux d’été et quatre aux Jeux d’hiver.

L’aventure paralympique par Colette Bourgonje
Les huit Jeux paralympiques auxquels j’ai participé depuis 1992 ont été une expérience incroyable et grandement enrichissante. Mon aventure a commencé dans une petite ville de la Saskatchewan, Porcupine Plain. De la quatrième année, où je jouais au hockey avec les garçons, jusqu’àla dixième année, pendant laquelle j’ai participé à des courses de niveau national, j’étais de toutes les activités sportives qu’avait à offrir ma petite ville.  

Nos entraîneurs formidables, Harley Dalke, Joi Belyk et bien d’autres, nous conduisaient aux compétitions de basket-ball, de volley-ball, de badminton et d'athlétisme qui se déroulaient à la grandeur de la province. Le sport occupait une grande place dans la vie de notre petite communauté.  

Du soutien pour la vie  

J’ai reçu un soutien vraiment incroyable en avril 1980, après avoir subi un accident de voiture qui allait changer ma vie. Dès le moment où les membres du Club Lions ont éclairé la piste d’atterrissage pour permettre au petit avion-ambulance d’atterrir afin de nous transporter ma mère et moi jusqu’à Saskatoon, mon aventure a pris un tournant surprenant. Après avoir passé les premières semaines aux soins intensifs, j’ai appris que je ne pourrais plus marcher ni courir.  

Près de 28 années se sont maintenant écoulées depuis mon accident. Elles ont été remplies de moments merveilleux et d’expériences incroyables que je n’aurais pu imaginer.  

Au début, j’ai cherché à réaliser l’objectif que je m’étais fixé en dixième année, soit devenir professeure d’éducation physique. Grâce au soutien extraordinaire de Barb Dorsey et de Pat Lawson, j’ai pu obtenir mon diplôme d’éducation physique en 1984. L’année suivante, j’ai terminé un baccalauréat en enseignement, concrétisant ainsi mon objectif. Pour rester en forme, je parcourais chaque jour la piste d’athlétisme et le campus dans mon lourd fauteuil roulant.  

Le rêve des Jeux paralympiques  

Quand j’en ai entendu parler en 1988, les Jeux paralympiques ont éveillé mon intérêt. En 1989, je me suis mise sérieusement à la course en fauteuil roulant. En 1991, j’ai également appris qu’il était possible de faire du ski de fond en position assise. Dès lors, ma vie d’athlète est devenue beaucoup plus agréable.  

J’ai participé pour la première fois aux Jeux paralympiques à Albertville, en France, en 1992. Cette première expérience s’est révélée intéressante et m’a révélé que j’avais encore beaucoup à apprendre. Plus tard au cours de l’année, j’étais au nombre des athlètes des Jeux d’été à Barcelone, où j’ai gagné deux médailles de bronze aux épreuves de sprint. Cette année-là, j’ai beaucoup voyagé, si bien que j’ai dû quitter mon emploi de professeure à temps partiel pour pouvoir participer aux compétitions.  

Les Jeux de 1994 à Lillehammer allaient être frustrants; mon ski en luge avait des défauts de conception et j’ai fini quatrième aux épreuves de 2,5 km, 5 km et 10 km. Le petit groupe de skieurs de la Saskatchewan duquel je faisais partie s’est donc donné comme mission d’améliorer le ski en luge. Grâce à l’aide extraordinaire de Pat Procopchuk, de Kaspar Wirz, de Jeff Whiting et de Joe Harrison, nous avons pu travailler à la conception de la luge jusqu’en 1998. Entre-temps, les compétitions de course en fauteuil roulant l’été et de ski l’hiver continuaient de m’occuper. 

Aux Jeux d’été de 1996 à Atlanta, les procédures entourant la sécurité et l’organisation des Jeux en ont compliqué certains aspects, mais j’ai tout de même réussi à remporter deux médailles de bronze. J’étais heureuse de retourner à la maison après ces Jeux.  

Les Jeux de 1998 à Nagano ont marqué un tournant important pour le Mouvement paralympique. Les Japonais ont accordé leur soutien au Mouvement, lui donnant un dynamisme et une énergie qui ont difficilement pu être égalés depuis. Le comité d’organisation était le même pour les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques, ce qui a facilité le déroulement des Jeux. Tous les sites de compétition étaient remplis à pleine capacité, et des milliers de personnes étaient rassemblées dans le stade de ski de fond Hukaba. Les athlètes ont été accueillis comme des vedettes et devaient se frayer un chemin dans les millions d’oiseaux de papier qui volaient à la grandeur du stade. Ces Jeux demeurent mémorables pour bien des raisons. Je suis enfin montée sur le podium pendant ces Jeux paralympiques d’hiver, puisque j’ai gagné deux médailles d’argent. De plus, j’ai été choisie pour porter le drapeau pendant la cérémonie de clôture, ce qui a été un moment fort de ma carrière d’athlète. Fait intéressant, les équipes canadiennes des Jeux olympiques et paralympiques ont toutes deux remporté 15 médailles aux Jeux de Nagano.  

J’ai participé pour la dernière fois aux Jeux d’été à Sydney. Ma passion pour la course en fauteuil roulant allant en diminuant, j’ai pris part à ma dernière course lors du marathon. Mon parcours s’est terminé au 28 e kilomètre, quand j’ai vécu la pire chute de ma carrière. Je roulais à toute vitesse dans une descente avec une autre athlète, et j’ai été incapable de prendre un virage serré. Ma roue avant a donné contre la barrière de métal, et j’ai glissé le dos contre la chaussée. Le retour au village en ambulance m’a semblé durer une éternité. C’est ainsi qu’a pris fin mon aventure aux Jeux paralympiques d’été. 

Sport d’hiver  

Le ski étant ma passion, je me suis bientôt mise à consacrer toute mon énergie à ce sport d’hiver. Aux Jeux de Salt Lake City, j’ai pu utiliser un ski en luge spécial, construit à Terre-Neuve. Il était plus léger, mais il était très difficile de l’équilibrer. Malgré les nombreux skis et bâtons que j’ai brisés, j’ai tout de même réussi à terminer au quatrième rang, ce qui était un véritable exploit!  

Un an avant les Jeux de Turin, j’ai reçu une commandite en étant nommée au sein de l’équipe Visa. J’ai vécu à ce moment un autre point culminant de ma carrière que je n’aurais pas cru possible. Le fait de paraître dans des publicités et d’être payée pour m’entraîner m’a procuré une autre source de motivation, si bien que je suis remontée sur le podium grâce à mes deux médailles de bronze aux épreuves de 5 km et de 10 km. J’ai également eu l’honneur de porter le drapeau à la cérémonie de clôture, pour la dernière fois de ma carrière. J’en garde un merveilleux souvenir, et j’en souhaite tout autant aux athlètes sélectionnés pour les Jeux de 2010. 

Pour la première fois dans l’histoire du Mouvement paralympique, les publicités pour les Jeux de 2010 mettront en vedette des athlètes paralympiques en plus des athlètes olympiques. Le Mouvement gagne en popularité, et lorsque les gens verront les athlètes paralympiques en action, ils verront d’abord et avant tout leur talent.  

À tous les athlètes qui participeront aux Jeux de 2010, j’espère que vos espoirs et que vos rêves se concrétiseront, dans le sport, mais également dans la vie, qui comporte elle aussi ses défis et ses accomplissements. Je vous souhaite la meilleure des chances. Vivez pleinement cette expérience.  

 

Perceptions paralympiques
Perceptions paralympiques est une célébration du compte à rebours de deux ans avant la tenue des Jeux paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. Cette série comprend histoires personnelles rédigées par des athlètes paralympiques et des chefs de file du domaine passionnés par les Jeux. Du 12 au 21 mars, visitez le site vancouver2010.com puisque chaque jour, vous y verrez affichée une nouvelle histoire de victoire personnelle et de compétition féroce.

 
 
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